Terrain, action et intérêt général… pourquoi et comment le politique doit s’inspirer des associations.

 

 

Le dynamisme du monde associatif, la force de proposition pragmatique qu’il représente, sa capacité à mobiliser pour mettre en oeuvre des réponses concrètes à court comme à long terme… Autant d’éléments qu’il nous faut réintroduire dans l’action publique pour pouvoir prétendre mobiliser de nouveau les citoyens quand ils se détournent des partis politiques traditionnels

Tous ces thèmes seront coeur de  notre débat de demain à l’Assemblée.

 

Retrouvez ci-dessous les propositions de Juliette Méadel parus ce jour sur le site de la Tribune

 

Les Français ne croient plus en la politique, il faut les y ramener, dites-vous, et vous organisez une conférence sur ce thème. Mais cette désaffection ne tient-elle pas d’abord au décalage entre les débats de campagne électorale et la réalité de la pratique gouvernementale ?

Je ne crois pas qu’il y ait tant de décalage entre les promesses de François Hollande et ce que fait le gouvernement. François Hollande n’a jamais été à la gauche du PS !

En revanche, je crois que la réalité de la pratique gouvernementale, faite d’atermoiements, ou de reculs face aux lobbies -bérets rouges, transporteurs routiers- le manque de vision du long terme, contribuent largement au rejet de la politique. Celui-ci se manifeste par une indifférence, un silence, pires que la colère.

Les citoyens seraient prêts, je crois, à s’intéresser à la politique, si leur était proposée une vision de long terme, à l’horizon 2050. Ils veulent que les responsables politiques cessent d’avoir pour seule perspective le court terme et leur prochaine réélection. Que les débats aient lieu non pas dans la rue -comme avec la manif pour tous-, ce qui débouche sur du n’importe quoi, mais soient organisés, structurés. C’est le rôle des partis…

Si les grand partis politiques pouvaient accepter de faire une croix sur leur prochaine réélection, en œuvrant pour l’avenir…

 

N’est pas une vision un peu naïve ? L’action politique ne passe-t-elle pas d’abord par l’élection ?

Les Français voient bien qu’on les berne, en proposant d’agir vite, en surfant sur l’actualité. Le retour manqué de Nicolas Sarkozy est symptomatique de ce rejet de la politique à courte vue.

Les Français ne veulent plus de la stratégie des annonces répétées, non suivies d’effets, des lois votées mais dont les décrets d’application se font attendre pendant des mois. C’est une question de crédibilité de l’action politique. Ils ne veulent plus du manque de courage, face aux pigeons, face aux bonnets rouges ou aux transporteurs routiers, face à ces corporatismes.

Les Français attendent des responsables qu’ils proposent une vision à 30 ans. Ils sont prêts à récompenser le courage politique, qui paie à long terme.

 

 Que proposez-vous ?

Je constate que l’enthousiasme associatif ne faiblit pas, les gens sont toujours prêts à s’engager, le nombre d’associations ne cesse d’augmenter. Il faut ramener ces millions de bénévoles vers les partis politiques, au premier chef le parti socialiste.

Trois millions de personnes se sont déplacées à l’occasion des primaires destinées à désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle. C’est sur ces millions de sympathisants qu’il faut s’appuyer. Pour ce faire, il faut revoir de fond en comble l’organisation du Parti socialiste, il faut dynamiter le PS actuel pour le reconstruire sur une base plus large, celle des primaires, réinventer une nouvelle façon de militer…

Il serait possible, par exemple, de réserver une partie des postes de responsables aux militants associatifs.