Les 10 propositions de l’avenir n’attend pas pour ré-enchanter la politique

Comment ré-enchanter la politique ?

A l’heure où la confiance des Français dans les hommes politiques est au plus bas, à l’heure où la cote du parti socialiste atteint des abymes, près de quatre cents personnes se sont déplacées le 15 octobre pour discuter de l’avenir des partis politiques autour d’une question : pour faire vivre la démocratie, comment retrouver le sens du politique ?

Avec Daniel Cohn Bendit, Jean-Louis Bianco, François de Rugy et Pierre-Yves Le Borgn, lavenir nattend pas a organisé les débats de telle manière que l’on puisse réserver une large partie de la séance à l’écoute des participants qui se sont tour à tour interrogés sur la sincérité et la vérité des discours politiques, sur la capacité des Etats à transformer la société pour la rendre plus juste, ou encore sur le poids de la finance globalisée face aux salariés de l’industrie.

Ces centaines de personnes qui n’étaient pas des militants, qui n’étaient pas (ou plus) dans un parti, sont restées trois heures en espérant trouver les moyens de croire à nouveau en la politique pour ré-enchanter la France. Il est apparu clairement ce que nous savions depuis longtemps : Français aiment la politique et se passionnent pour la chose publique ; ils le prouvent tous les jours, de moins en moins en allant voter mais de plus en plus en participant à des collectifs, en adhérant à des associations, en se mêlant des affaires locales dans les conseils de quartiers comme sur internet.

Le constat le plus largement partagé est une demande criante de vérité, non pas comme un absolu philosophique mais comme une vérité au jour le jour : face aux difficultés de la conjoncture lorsqu’il n’est plus possible de tenir une promesse ; face aux groupes de pression qui refusent le changement et ont le pouvoir de bloquer le pays et l’activité économique et qui ont conduit le gouvernement à reporter la mise en place d’une éco-taxe. Quand il faut faire des compromis ou changer d’alliance pour mener la France sur la voie du progrès : tout ceci est acceptable à condition d’être expliqué sans faux semblant et dans la transparence. Quand un engagement pour l’écotaxe n’est pas tenu, ils nous ont dit qu’ils étaient prêts à l’entendre, dès lors qu’on ne leur fait pas prendre des vessies pour les lanternes, qu’on ne s’arrête pas à la dénonciation des erreurs du gouvernement précédent, mais que l’on explique pourquoi il n’est plus possible en l’état de maintenir la mesure. La confiance dans les hommes politiques reviendra si les hommes politiques assument sans crainte les décisions qu’ils prennent, avec courage.

Mais cela oblige à un autre courage : celui de renoncer au sectarisme, celui d’accepter d’être d’accord avec ses adversaires. Oui, le parti socialiste partage un certain nombre d’approches avec l’UMP, comme avec les verts, et oui, il vaudrait mieux le reconnaître plutôt que de mimer une opposition qui conduit à des renoncements déchirants ; il faut renoncer au manichéisme de l’antagonisme. C’est quand nous saurons sur quoi nous sommes d’accord que nous pourrons nous battre sérieusement sur ce qui nous oppose ; et, que la gauche ne s’inquiète pas, il y a encore beaucoup de choses qu’elle ne partage pas avec la droite !

À cette réunion là, des propositions ont été faites pour agir sur les partis et pour lutter contre l’apathie politique. Contre l’apathie, la parité active doit devenir une condition de recevabilité aux élections législatives et sénatoriales dans les zones gagnables. Arrêtons de réserver aux femmes (voire aux minorités) celles qui sont perdues d’avance. Ouvrons 10% de la direction du parti aux non-encartés. Cela s’est traduit en deux propositions iconoclastes : qu’un quota des instances dirigeantes soit réservé aux membres d’associations (pas les faux nez du PS) ou aux entreprises de l’économie sociale et solidaire qui accepteront d’y participer ; qu’un autre quota soit tiré au sort parmi des concitoyens qui se porteront volontaires. On pourra ensuite l’étendre aux conseils municipaux : qu’ils s’ouvrent à quelques représentants tirés au sort.

Contre la coupure entre les élus et le peuple, soutenons l’institution du référendum d’initiative populaire. Certes les résultats ne seront pas toujours ce qui est espéré, mais c’est ça la démocratie. Ouvrons enfin nos urnes aux résidents non communautaires : comment accepter que des étrangers qui paient leurs impôts et cotisations sociales en France, mettent leurs enfants dans les écoles publiques, vivent dans nos villes soient exclus du suffrage universel ?

Filmons les conseils des exécutifs locaux et rendons obligatoire leur publication en ligne : non par goût de la transparence pour la transparence, mais parce que la parole politique ne retrouvera sa légitimité que lorsque les problèmes seront exposés, que les débats seront montrés, que les difficultés ne seront pas tues.

Le débat l’a montré : on n’attend pas d’un parti politique qu’il soit une petite démocratie à lui tout seul, mais on attend de lui des missions bien claires. D’abord et avant tout, qu’il dise ce qui est et ce qui doit être, qu’il soit ainsi, pour reprendre les mots d’Edgar Pisani, « du côté du long terme silencieux et pas seulement du court terme hurlant ». Mais surtout, qu’il soit force de propositions, qu’il donne une direction générale, ambitieuse et inspirée, à l’action publique, qu’il trace des perspectives d’avenir et puis qu’il raconte notre vie future, qu’il nous montre le chemin vers l’utopie. Ensuite qu’il fasse émerger des représentants du peuple, qu’il les forme, qu’il les accompagne dans l’apprentissage des responsabilités, mais qu’il les sanctionne aussi, sans faiblir lorsqu’ils renoncent ou lorsqu’ils se dévoient.

 

La vitalité démocratique de la France est un signe d’espoir pour les hommes politiques. Qu’ils reconnaissent leurs erreurs ou leur renoncement ferait progresser la confiance qu’ils inspirent ; leur volonté d’agir pour le bien du pays et leur capacité à porter une « utopie plausible » n’en seraient que plus fortes et plus crédibles pour construire, progressivement, la France de demain.

 

 

 

1.      Parité active : irrecevabilité des listes de candidats si 50% des places ne sont pas attribuées dans les zones gagnables

2.      Quota de la direction des partis politiques réservé au secteur associatif et aux collectifs citoyens

3.      10% des listes aux municipales seront composé par tirage au sort

4.      Droit de vote aux résidents non communautaires aux élections locales et nationales

5.      Instaurer le referendum d’initiative populaire

6.      Multiplier par 3 les conseils municipaux et autres organes municipaux pour les jeunes

7.      Rendre obligatoire la mise en ligne des films des conseils des exécutifs locaux

8.      Création d’un statut de l’élu pour faciliter les allers retours avec le marché du travail

9.      Interdire de tout nouveau texte législatif qui n’ait été précédé par une évaluation des dispositifs précédents

10.   Toute loi qui n’aurait pas reçu ses décrets d’application dans les trois mois qui suivent son adoption sera abrogée.