La journée de la jupe ou le nouveau sexisme

La  journée de la Jupe soulève des questions fondamentales pour l’avenir de notre projet de société.
 
Parmi ces questions, apparaît celle de la réforme de l’Education Nationale, notamment dans les quartiers en difficulté. On y voit la souffrance extrême des enseignantes agressées, menacées de viol, chahutées. Un enfer. On y voit le dévouement de certains professeurs qui veulent enseigner, qui se battent  pour transmettre quand tout les pousse à se résigner. On y voit aussi plusieurs attitudes face à la radicalisation des esprits, notamment à propos de l’Islam. Il montre deux attitudes possibles du corps enseignant :des hommes qui se résignent et considèrent qu’il est normal de « se prendre un coup sur la gueule »  (sic le film) de la part de leurs élèves et « de brandir le Coran pour se faire respecter d’eux », et ceux qui, des femmes en l’occurrence, se battent pour faire respecter les principes républicains, l’égalité homme-femmes, et surtout la laïcité.
 
Parmi les questions soulevées et remarquablement abordées aussi, celle du  nouveau sexisme des jeunes des quartiers. Extrait d’un commentaire issu du blog de Philippe Meirieu : 
 
 » La journée de la jupe dénonce les comportements de machisme violent et de virilité archaïque d’un certain nombre de garçons (aux origines ethniques et aux appartenances religieuses différentes). Oui, il montre à quel point ces comportements sont insupportables au point de faire exploser toute société possible. Oui, il porte haut et fort les revendications légitimes des filles et des femmes pour une « égale dignité » qui est bien loin d’être atteinte… Mais il nous montre aussi à quel point des jeunes filles et des jeunes femmes peuvent être porteuses de valeurs ! La véritable héroïne du film est, à cet égard, Nawel, cette élève rayonnante, lumineuse, qui a le courage de prendre la défense de sa professeure et de se lever contre la loi oppressive des mâles. C’est une jeune beur, musulmane, qui parle arabe et ne renie rien de ses appartenances, mais elle refuse la barbarie. C’est Nawel, ici, qui porte le message kantien : « L’inhumanité infligée à l’autre détruit l’humanité en moi. » Et ce sont Nawel et ses camarades qui sauveront l’honneur, lors des obsèques de Sonia, en venant jeter une rose sur son cercueil… en jupes. Oui, ici, encore une fois, « la femme est l’avenir de l’homme »… Et l’on n’a que trop tardé à regarder en face la dérive machiste des garçons. On a été infiniment trop indulgent avec elle. On n’a que trop tardé à se poser la question des raisons du retard scolaire et des difficultés d’adaptation de si nombreux garçons. Il serait plus que temps la société tout entière et ses différentes institutions s’en occupent et prennent toutes leurs responsabilités. Il serait temps, enfin, que nous nous préoccupions collectivement d’une question, certes infiniment complexe, mais absolument décisive.

Il resterait, bien sûr, beaucoup de choses à dire sur ce film tant son pouvoir d’interpellation est grand. C’est un film qu’il fallait faire. C’est aussi un film qui nous laisse beaucoup à faire… et ce n’est pas – loin s’en faut – son moindre mérite. »