L’économie a un sexe…

Et pas seulement les économistes: masculins dans leur grande majorité (surtout ceux qui interviennent sur la place publique), ni les professeurs d’université. Jean Gadrey, dans Alternatives économiques, en fait (ou plutôt en refait)  une intéressante démonstration: le libéralisme est lié aux valeurs traditionnellement attribuées à la masculinité, contre par exemple des approches qui priviliégieraient la coopération, l’émancipation individuelle.

Et ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas que d’une affaire de rôle entre les sexes (ce serait déjà beaucoup). Comme l’écrit J. Gadrey: « S’interroger sur le sexe de l’économie est une manière féconde, parmi d’autres, de mettre en cause « l’économisme », la prétention d’une certaine science économique à imposer des concepts, des lois, des visions de la richesse, qui masquent des pratiques et des valeurs (coopération, échanges justes, partage des tâches, travail gratuit au service du bien-être…) décisives pour sortir de la crise actuelle. Pour passer d’une économie du « toujours plus » et de la marchandisation de tout à une économie du « prendre soin » exigeant la parité à tous les étages, aussi bien dans les pratiques que dans les représentations. »