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Education à la française : ce que les américaines peuvent nous envier

Par Aïda Kergroach

Version originale anglaise*, couverture vichy beige et rouge et police d’écriture qui n’est pas sans rappeler les fameuses confitures bonne maman, à première vue on a bien entre les mains un livre anglo-saxon qui rappelle la France… Mais n’allons pas trop vite.

Dans « French children don’t throw food » Pamela Druckerman raconte son immersion dans « l’éducation à la française », si celle-ci existe vraiment…

Pour l’auteure, qui vit avec son mari et sa fille Bean à Paris depuis quelques années , l’évidence éclate lors d’une banale scène de vie familiale : manger au restaurant deux fois par jour avec un enfant de 18 mois pendant ses vacances  relève du défi … Défi apparemment non partagé par ses voisins de table où enfants et parents passent eux un agréable moment … but why ?!

Journaliste et auteure américaine, Pamela Druckerman  constate : les parents Français éduquent leurs enfants différemment des anglo-saxons.  Passés les habituels constats et non des moindre sur les politiques publiques consacrées à l’enfant, le système de santé et scolaire, la journaliste creuse un peu plus. Toute jeune maman, elle cherche à comprendre comment les enfants français font déjà leur nuit à 3/4 mois, pourquoi ils sont des mangeurs précoces de poissons et de légumes, pourquoi et comment les parents semblent avoir une vie en dehors de leurs enfants ? Et chose déroutante après avoir sonder son entourage, pourquoi les parents français ne se rendent-ils compte de rien ? L’auteure ne croit pourtant pas que ce type d’éducation puisse être inné !

Au delà des anecdotes pleine d’humour (toujours en version anglaise) et des comparaisons culturelles franco/américaines rafraichissantes et acidulées, Pamela Druckerman fait émerger une éducation à la française ou tout du moins une éducation qui incite les parents à observer leurs  enfants, à ne pas nourrir le sentiment de sacrifice parental qui préfigure l’avènement de l’enfant roi, à utiliser le mot « non » intelligemment. Pas si évident dans la culture américaine ! Car en regardant de plus près certains sites anglo-saxons, il est facile de comprendre la différence première qui existe entre l’éducation française et américaine par le seul usage du mot « non».  Si peu employé aux Etats-Unis, presque un mot tabou, certains scientifiques comme le docteur Cary Chugh**, psychologue pour enfants, incite les parents en difficulté à pratiquer l’exercice « ne pas dire non» et toute les locutions négatives comme « ne pas », « tu ne feras pas », « arrête » « pas avant que tu ne » afin de ne pas provoquer des comportements  contraires chez l’enfant…

Pour Pamela Druckerman, après quelques enquêtes et une bonne bibliographie, un des mots importants est le mot « patience » ou l’art d’apprendre à l’enfant de ne pas se sentir frustrer. Tout un programme, presque un apprentissage tout au long de la vie qui commence à quelques semaines ! Mais surtout Pamela Druckerman regarde de plus près comment les mères françaises concilient leur rôle parental et leur vie personnelle qu’elles ne veulent pas délaisser. La clé d’une éducation différenciée est peut être là…

 

*”French children don’t throw food – parenting secret from Paris”, édition Doubleday, 2012 (Les enfants français ne jettent pas leur nourriture)/ traduction “Bébé made in France”, édition Flammarion, 2013

**http://carychugh.com

http://specialchildren.about.com/od/holdyourtemper/qt/neversayno.htm

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